Il semble bien que la reforme intercommunale marque désormais une pause, voire même qu’elle soit entrée en somnolence. Les Préfets vont, parait-il, se donner plus de temps pour engager la phase de consultation des communes. Cette pause sera d’autant plus profonde que la campagne présidentielle, puis celle des législatives, vont maintenant occuper le devant de la scène. Selon l’issue de ces élections la reforme risque fort de connaître des changements et même d’être abandonnée. Il est peu probable que les Préfets déploient beaucoup de zèle.La consultation qui aura lieu (si elle a lieu) durant le premier semestre de 2012 portera sur le dernier schéma retenu par le Préfet tel qu’il est présenté sur la carte publié avec cet article.
Il saute aux yeux à la vue de cette carte que l’ambition de Frederic Miguet et de Bernard Fialaire de réunir 6 communautés de communes est morte. Le vaste regroupement dont ils rêvaient se réduit désormais à seulement 2 intercommunalités, plus la bucolique commune de Cenves (364 habitants) qui a été enlevée à la Communauté de Communes du Haut beaujolais ! Maigre butin ! Malgré un accès désormais privilégié à d’abondantes réserves d’un excellent fromage de chèvre l’échec est retentissant.
Le perspicace Patrick Bagdassarian (Beaujolais-Vauxonne) a échappé à l’OPA de son voisin de Belleville, pas cependant à celle de son grand voisin de Villefranche. Cela dit les jeux ne sont pas encore faits et le maire de Saint-Georges sauvera, peut-être, son indépendance.
Quant à Bernard Fialaire «Le Progrès» nous apprend qu’il va s’efforcer de constituer un espace de développement économique entre le Maconnais et la Calade en passant avec les communautés de communes voisines de l’Ain et de la Saône et Loire des accords de partenariat. Cela parait raisonnable. Pourquoi alors ne pas avoir entrepris ces négociations plus tôt au lieu de perdre un temps précieux à tenter de séduire ces mêmes communautés de communes afin qu’elles se fondent sans réfléchir dans un vaste ensemble? Elles ont eu la sagesse de refuser cette perspective irréfléchie. C’etait prévisible et cela a même été annonçé dans le blog.
La Communauté de Communes de la Région de Beaujeu (CCRB) dont beaucoup d’élus n’étaient pourtant pas chauds pour se laisser coloniser par celle de Belleville s’est, pour sa part, rendue sans vraiment combattre. Ses élus, nous est-il souvent dit, auraient du suivre leur président qui ne voulait pas de cette annexion mais qui n’a, selon d’autres échos, sans doute pas été suffisamment «mordant». Il n’y a, de fait, guère eu de résistance à l’assujettissement. Frédéric Miguet avait bien préparé son affaire, il a réussi à faire basculer la majorité, il est vrai, de fort peu en usant d’arguments mirobolants et en jouant du «clientélisme» (à Regnié-Durette, notamment). Pour autant «le blog des deux clocher» ne fera pas reproche aux élus qui ont suivi le maire de Fleurie de ne pas avoir eu le gout du projet collectif, ni d’avoir perdu tout sens critique et surtout d’avoir manqué de caractère. Ces élus, à quelques très rares exceptions, sont pleins de bonne volonté. Les manipulations politicardes ne sont pas leur fort et c’est tout à leur honneur. La partie qui leur a été imposée était trop dure pour eux. Ils n’en n’ont pas compris le sens. C’est pourquoi ils se sont soumis.
Il ne faut pas s’étonner si la CCRB aujourd’hui ne fait plus grand chose. Dans l’attente de sa mort annoncée elle pratique désormais «la politique du chien crevé au fil de l’eau» . Plus rien, apparemment, ne s’y passe. C’est un bien triste gâchis ! Mais attention aux eaux dormantes ! Frédéric Miguet avait promis aux élus de la CCRB qu’ils entreraient dans un vaste et bel empire leur apportant prospérité et prestige, y compris (superbe bluff !) le bénéfice des retombées lointaines de «Lybertec». Les voici réduits au destin étriqué, si du moins ils devaient confirmer leur reddition au cas où la consultation reprenne, d’être les banlieusards de Belleville dont ils risquent de devoir payer le développement. Heureusement il semble qu’une prise de conscience commence au sein de la CCRB. Le Préfet, de son coté, souhaite avec raison que soient étudiées avec soin les conséquences financières découlant des compétences dévolues aux intercommunalités en discussion .Or une impasse totale avait jusqu’ici été faite sur cette question centrale des compétences lors des votes portant sur l’absorption de la CCRB par la communauté de communes de Belleville. Frédéric Miguet avait soutenu qu’il fallait commencer par se marier avec Belleville. On ne s’interrogerait, soutenait-il, sur ce que l’on ferait ensuite ensemble qu’une fois le mariage célébré. Autrement dit Frédéric Miguet proposait de définir les compétences de la future intercommunalité qu’une fois celle-ci instituée. Avec un sentimentalisme de presse du cœur, charmant mais un peu déplacé, il avait même parlé de «mariage d’amour» ! Lorsque nos élus comprendront que les feux de l’amour aveugle du «romantique» Frédéric Miguet peuvent coûter cher à leurs électeurs contribuables il devrait se produire des sursauts étonnants. De cela le blog croit nos élus tout à fait capables.
Soyons patients et ayons confiance !
Le blog des deux clochers


Une réponse à Intercommunalité : la reforme marque une pause pour cause d’échéances électorales nationales.